Les travaux de réfection de la toiture de l'épicerie

présentation - découverture - redressage - délignage - coyaux lattage - recouverture - arêtiers - faîtage - fin des travaux

Voici l'épicerie de Laulurie,
telle que vous aviez l'habitude de la voir en été.

On peut remarquer que la croupe droite de la toiture
(côté friterie) est presque verticale,
alors que la gauche (côté entrée)
est très en pente.
(on appelle "croupe" le petit côté d'un toit à 4 pentes)

Il y a longtemps
(avant que nous achètions Laulurie)
la charpente a bougé,
mais cela n'était pas vraiment inquiétant.

Et puis, un matin de décembre 2007, nous avons constaté que des tuiles étaient tombées devant la porte.

Lorsque j'ai voulu refixer les lattes, dès que je déplaçais une tuile au dessus, la rangée tombait à son tour.

Les clous qui fixent les lattes sur les chevrons étaient mangés par la rouille.

Il fallait donc refaire toute la toiture qui était devenue trop vétuste.

Par chance, le couvreur que nous contactons (un artisan de qualité) va pouvoir intervenir avant l'été.
Les travaux commencent le 25 mars 2008.

Découverture de la toiture............................................................................................................................................................... (sommaire)

On voit bien sur les photos les ondulations du lattage. La caractéristique des toitures anciennes (surtout celles des petits bâtiments des exploitations agricoles) réside dans la simplicité et les faibles moyens. Les chevrons étaient taillés dans de petits arbres à peine équaris. Tant pis si ce n'était pas très droit, les animaux qui vivaient dans ces bâtiments n'étaient pas très exigeants. La découverture est achevée le 26 mars après-midi.

Les couvreurs vont nous laisser quelques jours pour nous permettre de réaliser un petit chaînage sur les murs,
autour de la charpente. Il s'agit d'un ferraillage qui sera noyé dans un lit de mortier. Reprise des travaux le 1er avril ...

Redressage de la charpente ........................................................................................................................................................... (sommaire)

Le couvreur va profiter de la réfection totale de la toiture pour redresser la charpente.

Il faut dans un premier temps désolidariser les chevrons et surtout les arêtiers (les chevrons des 4 coins) de façon à ne pas bloquer l'ensemble quand la traction va s'opérer..

Mon tracteur est mis à contribution pour servir d'ancrage à une grosse corde qui est reliée (en double) à l'extémité opposée de la poutre faîtière.

Un morceau de bois va être passé entre les deux cordes et par rotation lente la corde en se torsadant va se tendre et faire revenir l'ensemble.

La lente tension est accompagnée de craquements sinistres. Les couvreurs procèdent délicatement, car des bois peuvent casser à tout moment. Mais nous avons affaire à de véritables artisans professionnels alors pas de panique.

La charpente a repris une verticalité suffisante. Voyez l'espace récupéré sur les photos ci-dessus.Il faut maintenant refixer les chevrons d'origine qui vont servir de guide et de maintien à des bois neufs pour consolider l'ensemble.

Renforcement des chevrons et délignage ........................................................................................................................ (sommaire)

 

Le chevronnage est terminé. Tous les chevrons d'origine en chataignier sont doublés par des bastaings en sapin du nord. Il reste à poser de nouveaux coyaux, mais la journée est finie et la toiture retrouve sa couverture pour la nuit.

Pose des coyaux et du lattage ................................................................................................................................................................. . (sommaire)

Le coyau est un chevron court qui a pour objet de protéger le mur.

Dans une toiture à 4 pentes, les chevrons partent du centre du mur.

Il est donc essentiel de protéger le mur du ruissellement de la pluie.

Sur ces photos, les coyaux ne sont pas encore coupés à leur taille définitive.

Celle ci sera déterminée par deux impératifs :

> la protection des murs contre les ruissellements

> l'harmonie de l'ensemble pour l'esthétique du bâtiment

 

 

 

 

Sur la photo ci-contre, on peut voir le remplissage entre coyaux effectué avec des pierres maconnées

Ce remplissage, permet de caler les coyaux
et contribue à l'esthétisme du bâtiment.

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Les coyaux sont maintenant coupés à la bonne taille.

 

Notez que l'artisan emploie un bonne égoïne à main,
bien avoyée.

 

Pose de la dernière latte, tout en haut de la croupe

La charpente est maintenant achevée...

la recouverture peut commencer.

 

 

 

 

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Recouverture

Le charme de nos toitures périgourdines tient d'une part
à leur forme mais aussi à l'aspect des tuiles anciennes.

Ces tuiles étaient confectionnées à la main. Le crochet qui va les maintenir sur les lattes était façonné avec les pouces. Il en faut environ 50 au m².

Cette technique confère à ce matériau un aspect unique, aucune tuile n'étant vraiment calibrée comme la voisine.

Mais le capital s'épuise au fur et à mesure des réfections de toitures.

Les tuiles sont posées sur les lattes et tiennent simplement par le crochet.
La forte pente et le poids des tuiles qui se recouvrent
suffit à les maintenir en place, même par grand vent.

Elles sont posées en écaille de poisson, la tuile supérieure couvrant la séparation des deux tuiles placées dessous.

La pose s'effectue,
en remontant depuis le rang le plus bas

On fixe une tuile
(mécanique pour économiser les tuiles anciennes), dépourvue de crochet percée et clouée
sur la dernière latte qui est doublée
pour relever très légèrement
le dernier rang de tuiles, pour la goutte d'eau.

Les lattes qui supportent les tuiles
sont espacées de manière
à ce que les tuiles se recouvrent
sur 3 épaisseurs.

Cela donne à la toiture une étanchéïté parfaite.

Vous remarquerez dans la grange un espacement
plus important par endroit.

S'agissant d'un bâtiment agricole, dans le passé,
et par économie, on "trichait" un peu avec cette règle.

La recouverture avance.

On réutilise les tuiles récupérées qui étaient en bon état.

Dans le cadre d'une réfection de toiture,
on estime la perte à 50 %

Chaque tuile est brossée pour la débarasser des poussières et des mousses.

Il s'agit plus que d'une simple opération esthétique.
Les mousses qui retiennent l'eau fragilisent la tuile
au gel et aux chocs termiques.

 

 

Ce week-end,
les couvreurs prennent un repos bien mérité !

reprise de la couverture lundi matin...

 

à suivre.

 

Lundi matin, le chantier repart.

Les couvreurs taillent les tuiles pour les arêtiers
avec cet appareil qu'on nomme "coupe tuiles"

Par petites pressions successives le long de la ligne de coupe, l'appareil creuse la tuile et finit par la casser.

Efficace pour les tuiles plates.
Quand il s'agit de tuiles romanes ou canal
(les tuiles arrondies)
il faut avoir recours à une tronçonneuse.

 

 

Pour sceller les tuiles taillées, il faut mettre un peu de mortier au bord de la tuile qui va être recouverte.

Le mortier sert de colle et empêchera la tuile de glisser.

Par la suite l'angle de la toiture va être recouvert
par un arêtier au mortier, mais patience,
c'est pour les prochains jours.

Espérons que la météo ne sera pas trop mauvaise
car il ne faut pas de pluie.

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Arêtiers

 

La couverture est terminée
(du moins sur ces côtés)

Il faut maintenant confectionner les arêtiers au mortier.

 

On peut voir sur la photo ci-dessous que les tuiles des angles et du faîtage ont été scellées au mortier.

il reste à les habiller.

Pour accéder au bords du toit, surtout dans la partie haute, il faut enlever quelques rangs de tuiles de façon à pouvoir monter sur le lattage.

Il est en effet hors de question de poser le pied, ni même une échelle, sur ce genre de toit, les tuiles sont trop fragiles.

Ensuite, à l'aide d'une règle en bois, on applique le mortier de façon à réaliser un bourrelet rectiligne.

La touche finale sera donnée avec le tranchant de la truelle pour déligner parfaitement l'arêtier.

Faîtage
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Une boussole ? oui,
celle du couvreur.
C'est
le baromètre
qui va diriger
le chantier.
Là, il indique
la direction
de la pluie.
Et pourtant
il faut attaquer
le faîtage.

Une averse, vite on couvre.

Le faîtage est constitué de tuiles canal
dont les extrémités se recouvrent.

Elles sont posées en tenant compte des vents dominants de façon à ce que la pluie ou le vent glisse
sur la tuile suivante.


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Fin des travaux : 15 avril 2008

Il ne reste plus qu'un panneau à terminer

 

et voilà le travail ...

 

vous vous souvenez de la 1ère photo ?
Les couvreurs ont mis 2 semaines
pour obtenir ce résultat.

Moi, avec un logiciel de traitement d'image,
j'en fais autant en 2 minutes.

Vive l'informatique !


à bientôt, sur place, pour en faire le tour.

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